La robe de Noel de Juliette

Oui je sais, on est mi-janvier et j’en suis encore à vous parler de nos robes de Noel. C’est pas ma faute, c’est l’hiver qui a kidnappé toute mon énergie. 😀

DSC_3471
(RHA sa bouille ! ❤ )

Point d’ #ABasLesChutes ici : cette robe n’a pas été pensée à partir de chutes, mais bien réfléchie en amont, au moment d’acheter notre tissu. Quand je me suis mise à dessiner ma robe, j’ai demandé à Juliette ce qu’elle avait envie de porter à Noel. Mademoiselle souhaitait donc une robe (sans blague), avec une jupe qui tourne (SANS BLAGUE !). Je n’ai pas réfléchi plus de 10 secondes au choix du patron : la Tinny Dress me tendait les bras !

DSC_3475
Mais cette fois-ci, je n’allais pas foncer tête baissée : mes deux essais précédents s’étant avérés à chaque fois trop larges (number one)(number two), j’ai donc pris le temps de bien comparer mon patron aux mensurations de Juliette. Nous sommes donc parties sur une taille 4 ans en largeur, pour du 6 ans en longueur. J’ai simplement remonté la taille du patron, pour qu’elle colle à la taille naturelle de Juliette. J’ai rallongé les manches courtes en manches 3/4, et opté pour un corsage simple, sans fioriture. En croisant les doigts pour que cette fois ci, cela marche !

DSC_3472
Et le résultat est tout de suite plus sympa quand le corsage est correctement cintré sur sa petite propriétaire ! J’ai donc monté simultanément nos deux robes, quand, à 24h de Noel, Juliette procéda à un premier essayage rapide, au moment où j’allais poser la fermeture éclair. Nos deux moues dubitatives se firent écho : la robe était belle, mais il manquait quelque chose. Nous tergiversions quand Juliette s’écria : « un col ! » MAIS BIEN SUR ! Et ce n’est pas comme si le patron en proposait une demi-douzaine. 😀

DSC_3466
Juliette a opté pour le col Claudine basique, que j’ai coupé dans le même tissu que la doublure de sa robe : un mélange coton-soie ivoire de chez Bennytex. Et quelle belle idée elle a eu, car le col termine impeccablement la robe !

DSC_3478
La jupe est donc une vraie jupe cercle, ce que Juliette a eu à coeur de nous prouver le soir de Noel. (Encore un miracle qu’aucun verre n’ait fini au sol. 😀 )

DSC_3459
DSC_3442
Le corsage est doublé, et toutes les finitions sont les mêmes que celles de ma robe : coutures rabattues partout et couture de propreté aux emmanchures.

DSC_3731

DSC_3732

Et le dos est terminé par une fermeture invisible.

DSC_3467
DSC_3469
DSC_3445
DSC_3470
Verdict : je laisse le sourire du dessus répondre ? ❤ Je suis vraiment contente d’avoir obtenu une robe joliment cintrée sur Juliette depuis ce patron. Je trouve ce dernier vraiment bien pensé : le style est craquant, les explications très lisibles, et le nombre d’options permet d’obtenir une robe différente à chaque réalisation. Et cerise sur le gâteau : le modèle va jusqu’à 12 ans ! Je viens de couper un #ABasLesChutes depuis ce patron : j’ai transformé le corsage de la robe en petit haut avec dos boutonné…j’espère qu’il sera lui aussi une réussite !

DSC_3474
Je vous souhaite une belle fin de semaine, et prenez soin de vous !

Win & Fail 2017

Je crois que mon bilan de l’année dernière vous avait beaucoup plu : on se le refait cette année ?

Untitled

Je récapitule le principe ? En général je publie mes ouvrages dès la fin de leur réalisation. Je n’ai pas vraiment le recul de leur portabilité. Ce bilan sur un an me permet de voir les cousettes portées, celles qui le furent moins, les échecs, les réussites…et de vous prouver que :

  • oui, j’ai la place de ranger toutes mes robes, car elles ne sont pas toutes des winneuses
  • oui, même avec de l’expérience, on peut encore se planter…et ce n’est pas grave !


~~~DECEMBRE 2016~~~

dsc_8877
Zéphyr à manches longues : Semi-fail. En soi je n’aime pas cette robe : d’un, sa composition 100% polyester fait que j’y transpire beaucoup. Et de deux, je trouve ce jersey milano trop mou : il colle mes formes et rend la robe bien moins flatteuse que souhaité. Mais voilà, on ne lutte pas contre le confort du jersey : je la porte tout de même, en mode « pyjama secret » ! 😀

dsc_9012
Nettie & Zéphyr, les nouvelles copines : prenons ici les pièces séparément.

Nettie : 100% WIN ! C’est un de mes basiques. Même si je le porte encore trop peu à mon goût : j’adore les jupes, mais définitivement, j’ai davantage le réflexe de passer une robe le matin. Et c’est encore pire en hiver.
La jupe Zéphyr : Semi-fail. Jamais porté depuis cet article. Et je me rends compte que c’est bien dommage. (C’est d’ailleurs pour ça que je la catégorise en Semi-fail : je ne l’ai jamais portée mais je compte bien le faire un jour ! A contrario des Fails qui n’ont pas été portés et qui ne le seront jamais).

dsc_9276
La jupe de Noël : Semi-Fail. On va appeler ça le syndrome de la jupe maudite : t’aimes le style, t’aimes la coudre, t’aimes la porter le temps de la séance…mais t’es pas fichue de la sortir de l’armoire ensuite. (Résolution 2018 : arrêter de me mettre la pression + porter davantage mes jupes en hiver !)

~~~ JANVIER  2017~~~

DSC_9444
La robe Cathy, Aubépine d’hiver : 100% WIN ! Je porte beaucoup cette robe, c’est un vrai doudou. Et à chaque fois je me dis la même chose : fais toi en une autre !

DSC_9469
Nouvelle Darling Ranges : 100% WIN ! J’aime beaucoup cette robe aussi, que j’adore porter au printemps et en automne. Jambes nues et derbies camel : c’est ma robe facile à vivre.

~~~MARS  2017~~~

(Aucune publication en février – merci l’entorse)

DSC_9629
Quand Wanted rencontre Moneta : 100% WIN ! Même si en terme de couture elle a des défauts, je la porte tout de même. J’adore sa couleur, la féminité du corsage. Et puis, le confort du jersey… (Faut se faire un hashtag nan ? Genre #lapuissancedujersey ? #pyjamasecret ?)

DSC_9806
Luzerne : 100% WIN ! Il ne m’a pas quitté de tout le printemps, et une bonne partie de cet automne. Tant et si bien que je compte en coudre une version plus automnale en 2018, parce que le beige ne matche pas terrible avec ma garde robe automne-hiver.

DSC_9827
Goji : 100% WIN ! Et je vous l’écris avec beaucoup de surprise, car je ne pensais pas que je la porterai tant que ça, et à vrai dire, si ! Elle est hyper confortable : associé à un petit polo rouge framboise et des sneakers blanches, je tiens un look sportswear mais toujours féminin. (bon Dieu je parle comme un magazine féminin. 😀 )

~~~AVRIL 2017 ~~~

DSC_0191
La robe Carrie : Fail ! C’est avec cette robe que j’ai compris l’intérêt de la colorimétrie. Et définitivement, les couleurs pastels ne me vont pas du tout. Quand je la vois dans ma penderie, j’ai l’impression de croiser une chemise de nuit. J’ai du la porter 2 fois suite à cet article.

DSC_0577
La robe Nissa : 100% WIN ! Voyez, en ressortant sa photo, un sourire énorme s’est affiché sur mon visage. C’est exactement ce que me procure cette robe : une joie immense ! J’adore cette robe, sa couleur, son confort, les souvenirs qui lui sont associés. C’est la robe que j’ai le plus porté cette année je crois. Elle me « ressemble ».

~~~MAI  2017~~~

DSC_0807
La robe Lio : Semi-fail. En fait, si l’on se place d’un point de vue « utilisation au quotidien », c’est un Win car je l’ai beaucoup portée. Je suis dingue de ce motif et de ce rouge éclatant. Mais si l’on se place d’un point de vue « confort », c’est un Fail, car le corsage étant trop court, la ceinture élastiquée remonte sans arrêt. Je suis toujours en train de tirer dessus pour la replacer, ce qui gache le plaisir de la porter. Semi-Fail donc.

~~~JUIN 2017~~~

DSC_1004
La robe Amal : 100% WIN ! Même si j’avoue que je choisis bien les jours où je veux la porter. Les petites mancherons donnent un style très marqué à la robe, c’est un détail qu’il faut assumer.

DSC_1271
La robe Katy : 100% WIN, et croyez moi, là aussi c’est une surprise ! Je pensais vraiment que je ne porterai pas ce jaune un peu passé, et en fait, cette robe est devenue ma robe Juvamine de 2017. Dès que je me sentais chafouine, triste, un peu ronchon : PAF, je la ressortais du placard, et HOP, comme par magie, je retrouvais la pêche. Vous croyez que porter des ananas a une valeur thérapeutique ? 😀

~~~JUILLET 2017~~~

DSC_1483
Zéphyr à bretelles : Semi-fail. Avec du recul, je trouve que les rayures horizontales de la jupe alourdissent ma silhouette. Donc je l’ai porté, mais sans grand enthousiasme. Je garde précieusement le patron sous le coudre, et zieute pour le parfait jersey pour la reproduire cet été. 😉

DSC_1530
La robe Juliette : 100% WIN ! Que j’ai aimé la porter…elles me rappellent nos vacances italiennes… (voilà, on arrive officiellement au moment du bilan où je vais chouiner toutes les 3 phrases, à base de « l’hiver ça pue, c’est nul » ou autre « ma garde robe d’été me manque » et le fameux « de toute façon le printemps c’est dans 70 jours »)

DSC_1684
La robe Donna : (je viens de crier « MA BEAUTE !!! »)(Véridique ! 😀 ) 100% WIN, évidemment. ❤ Mais que j’aime cette robe ! ❤ Sans doute ma préférée de cette année. ❤

~~~AOUT 2017~~~

DSC_1809
La robe Catherine : 100% WIN ! Je l’ai beaucoup porté aussi, elle est si légère qu’elle est idéale dans nos contrées caniculaires. (Et c’est là que je me rends compte que vraiment, je suis plus inspirée en été. J’ai plus d’idées, plus d’inspiration, plus d’envie.)(Peut être que je suis un ours et qu’il faut que j’hiberne ???)

DSC_2048
La robe Sandrine : 100% WIN ! Ah oui mais en fait non, mes robes préférées de 2017 sont la robe Donna ET celle-ci. Celle-ci, je vais être franche avec vous : je ne me suis toujours pas remise de son confort. Parfois je la passais en me disant : « ah oui mais robe chemise ultra cintrée en popeline, zéro élasticité, arf, je vais peut être me sentir un peu engoncée ». MAIS QUE NENNI ! Je pense que de toutes mes créations de cette année, cette robe est la mieux ajustée.

~~~SEPTEMBRE 2017~~~

DSC_2589

La robe Diana
: 100% WIN ! Tellement Win qu’à l’heure où je vous écris, je couds la petite soeur hivernale. ❤

~~~OCTOBRE 2017~~~

DSC_2852

La robe Eve : Semi-fail. Je ne l’ai pas beaucoup porté depuis sa réalisation, ce qui est dommage. Je la porterai sans doute davantage au printemps, car le crèpe est fin.

DSC_2941

La robe Clémence : Semi-fail. Difficile d’évaluer celle ci car c’est une robe à manches courtes cousue juste avant la chute des températures. Elle a forcément été peu portée pour l’instant, mais je pense qu’elle sera portée à l’avenir. J’ai remarqué en règle générale que je porte plus facilement des robes trop petites que trop grandes. J’aime me sentir « contenue » dans mes vêtements : dans une vie antérieure j’ai dû porter des corsets. 😀

~~~NOVEMBRE 2017~~~

DSC_3104

Duo de sorcières
: 100% WIN ! En ce moment c’est ma robe « je n’ai pas envie de réfléchir ». Pas motivée ? Hop, des collants dentelle, mon gilet Miette en noir, de beaux bijoux, mon rouge pupute et hop ! Prête à dévorer le monde. 😉

~~~

On récapitule ? 15 WIN / 7 Semi-Fail / 1 FAIL. L’année dernière, j’avais listé 32 ouvrages (14 WIN / 11 Semi-Fail / 7 FAIL). Cette année 23. La différence s’explique par le fait qu’une bonne partie des ouvrages de 2017 sont patronnés par mes soins : c’est évidemment plus chronophage qu’utiliser un patron tout prêt. Cela explique aussi la prédominance des WIN : une robe dessinée à mon goût et à mes mesures aura davantage de chance de finir en WIN qu’en FAIL, même si au final, le bilan montre que personne n’est à l’abri d’un mauvais choix de tissu.

Alors que retenir de ce bilan ? Certainement pas ces chiffres qui ne veulent rien dire. Certains diront que j’ai une grande productivité : croyez-moi, si l’on compare à d’autres blogueuses c’est peu. Non. Ce qu’il faut retenir, c’est que tout le monde, je dis bien tout le monde, se plante. Longtemps, j’ai dit que la couture était facile. C’est faux. Réussir à associer un style, une morphologie, un patron, et un tissu, c’est dur. Très dur. Mais cela s’apprend. A force de manipuler des étoffes, à force de les coudre, de les porter, vous allez gagner en expérience. Faites des bilans : cela vous permettra de voir les pièces que vous portez beaucoup, celles que vous portez peu. Cela vous permettra de cibler votre style. Testez les marques de patrons : elles ont chacune un style et surtout un bloc de base. Soyez fidèles à celles qui vous subliment, à celles qui vous tombent bien. Et n’ayez pas peur de vous planter, surtout pas : ce ne sont pas des échecs, mais des leçons. 😉

Je vous embrasse bien fort, et prenez soin de vous. ❤

La robe de Noël…

…ou plutôt, le plan B de Noël. Croyez-moi, cette robe revient de loin. Comme nombreuses de mes robes d’ailleurs !

DSC_3604
(Par avance, je m’excuse pour l’aspect froissé de ma robe. J’ai eu beau la repasser avant la prise de photos, elle n’a pas aimé le micro trajet en voiture. Et honnêtement, je n’avais aucune motivation à refaire la séance. Pas blogueuse mode / bla bla bla / vous avez saisi l’idée générale. 😀 )

BREF, je travaille depuis septembre en cours de modélisme sur une robe assez complexe. J’espérais vraiment la porter pour Noël mais force est de constater qu’elle n’allait pas être prête à temps. Nous étions donc 15 jours avant le réveillon, et il me fallait trouver un plan B : une robe dont le patron soit validé, et suffisamment rapide et facile à monter.

DSC_3516
J’ai donc choisi de partir de ma robe de base : corsage cintré avec ses découpes princesse, et ma jupe demi-cercle sur mesure. Mais évidemment, comme je ne sais pas faire les choses simplement, j’ai eu envie d’une encolure un peu différente. Et c’est en tombant sur cette publication Instagram de Gertie que l’idée fut !

IMG_6511
La robe rouge avec l’encolure creusée d’un V, vous la voyez ? Superbe, n’est-ce pas ? Emballé, c’était pesé…mais encore fallait-il faire une petite toile pour valider mon patronage.

IMG_6571

IMG_6583
Par esprit pratique, j’ai volontairement réduit la largeur de l’encolure, afin de pouvoir porter un soutien gorge. La photo de gauche montre mon premier essai : l’encolure était trop profonde, le V trop large et pas assez pointu. En remontant l’encolure d’1cm, et en retravaillant un peu l’encoche, le résultat approchait davantage mon souhait. La toile validée, il me fallait maintenant trouver le tissu.

DSC_3585
Mon choix s’était d’abord posé sur ce jean fleuri de chez Papi : j’en avais commandé 2m50, et préparé le patron de la robe de Juliette en attendant sa réception. Vous verrez la robe en détail dans un article dédié, mais ce qui est important de savoir maintenant, c’est qu’elle possède une jupe cercle. Et vous le savez : une jupe cercle ça bouffe à mort sur un plan de coupe. Et en réceptionnant le tissu fleuri, nos robes se rentraient pas dans le métrage commandé. Qui plus est, le jean fleuri était bien trop extensible pour mon projet. Et le fond noir du tissu était plus gris foncé que noir. Bref, il fallait trouver un plan B.

Une journée à retourner mon stock dans tous les sens, en ne trouvant jamais aucun coupon suffisamment grand pour caler nos deux robes. Parce qu’évidemment, Mistinguette Juliette EXIGEAIT que nos robes soient coupées dans le même tissu. (et honnêtement, moi j’en profite, avant qu’elle soit en âge de me jeter mes cousettes au visage 😀 ). 2 jours dans toutes les boutiques de Marseille, car oui, à une semaine de Noel, il n’est plus temps de commander en ligne. Pour enfin trouver le satin de coton idéal chez l’Aigle d’Or, à Marseille.

DSC_3561
Etonnant d’ailleurs qu’en 8 ans de couture, ce soit la première fois que je pose le pied dans cette boutique, qui est tout de même une institution marseillaise. Et ma prof de modélisme qui m’en avait conseillé la visite avait raison (comme toujours) : c’est un vrai temple d’Ali Baba. Mais cher, le temple. J’ai payé ce satin de coton 17€ le mètre, ce qui en soi ne doit pas sembler exorbitant à la majorité d’entre vous. Mais quand on est habitué comme moi aux prix du marché de la Plaine, ça pique !

DSC_3575
Mais soyons honnêtes : ce satin de coton vaut ce prix. Il est d’une très belle qualité, et sa teinte est vraiment lumineuse.

Le tissu enfin sous le bras, j’ai pu démarrer l’assemblage de nos deux robes : comme elles étaient construites de manière similaire, je les ai montées simultanément.

DSC_3623
DSC_3618
Vous voyez ici l’envers de la robe. J’ai doublé le corsage avec un mélange coton/soie que j’ai trouvé chez Bennytex. N’ayant pas le temps ni l’envie d’acheter du fil bleu roi pour surfiler mes coutures, je me suis dit que ce serait l’occasion idéale de tester les coutures rabattues.

(Aparté : conseil de Tata Papillon. Quand tu es à 3 jours de Noel, tu ne testes pas une nouvelle technique de finition. Non. Tu prends tes cônes de surjeteuse bleus, qui ne sont peut être de l’EXACTE teinte de ton bleu, et tu vas au plus simple. Ca t’évitera de vivre un 24 décembre entre crises de panique et hurlements incontrôlés, à couper le dernier fil de ta robe à 18h05. ALORS QUE TU ES ATTENDUE POUR 18H45.)


BREF, je n’avais jamais cousu de coutures rabattues, et c’est à la fois simple et très propre. Un petit peu comme des coutures anglaises, sauf que celles ci sont rabattues et surpiquées sur le tissu. Elles ne furent tout de même pas simples à coudre au niveau des manches.

IMG_6652
Surtout sur les manches riquiqui de Juliette. L’astuce est de les surpiquer en deux fois : Une première fois depuis le haut de la manche, on s’arrête à environ 2/3 de la manche, et on termine de surpiquer le reste depuis le bas de la manche.

DSC_3622
Mais là où se fut le plus ardu, ce fut sur la couture dos de la jupe : comment terminer proprement ces marges, alors qu’elles seront doublées sur le corsage, et qu’il y aura une fermeture éclair sur une partie de la jupe ? Si la robe avait été entièrement doublée, le souci ne se serait pas posé. Mais ici seul le corsage l’était. Au final j’ai réussi à rabattre et surpiquer les marges, mais croyez-moi, ce ne fut pas simple. Et en étant honnête sur mon travail, les surpiqûres ne sont pas régulières partout.

DSC_3617
Et c’est là que j’ai oublié l’essentiel : des finitions propres à l’intérieur d’un ouvrage, c’est bien. Mais quand l’intérieur devient plus propre que l’extérieur, c’est qu’il y a un problème ! 😀

DSC_3619
Mais là encore, ce fut une bonne leçon : le mieux est l’ennemi du bien, définitivement. Et comme me le dit souvent ma prof de modélisme : il ne faut pas confondre perfectionnisme et maniaquerie. (Coucou la bonne résolution de 2018 !)

DSC_3515
Que vous dire de plus sur cette robe ? Les manches sont donc 3/4, et le dos est terminé par une fermeture invisible.

DSC_3522
DSC_3518
Pour assurer la stabilité de l’encoche en V, j’ai renforcé ma doublure milieu devant avec du thermocollant tissé, et j’ai stabilisé l’encolure de mon corsage extérieur avec du droit fil thermocollant.

DSC_3607
Et j’ai aussi redescendu un peu le milieu de ma taille, pour qu’elle soit plus douce et qu’elle suive mieux mes courbes.

DSC_3507
Verdict : mine de rien, j’ai appris un sacré paquet de trucs avec cette robe. J’ai découvert une nouvelle boutique, une nouvelle encolure, une nouvelle finition…et une nouvelle devise. Le tout en gagnant une nouvelle robe dans laquelle je me sens bien, et qui colle à mon style : c’est tout de même un beau cadeau n’est-ce pas ? J’avais envie d’un pendant automne-hiver de cette robe ci, que j’ai beaucoup porté au printemps et en été, et je crois que c’est réussi. 🙂

DSC_3600
Je profite de ce billet pour vous souhaiter une belle année 2018. Qu’elle vous soit créative, et surtout, pleine d’amour, de fous rire, de souvenirs heureux. Chaque année un mot m’accompagne et illustre la tonalité que je souhaite donner à ces 12 prochains mois : « indulgence » sera celui de 2018. Parce qu’avant d’être bienveillant envers les autres, il faut savoir l’être aussi envers soi même. Et que s’offrir une bonne dose d’indulgence, ça aide : se pardonner ses erreurs, accepter de ne pas être toujours performante, embrasser ses défauts et ses failles, et accepter qu’ils font partie de nous. Coudre à mon rythme, publier à mon rythme. Coudre avec plaisir, ce qu’il me fait envie, sans savoir envie/besoin de démontrer quoi que ce soit.

cef8bad2b541471ce65d2bc9e2735098
Et n’oubliez pas de prendre soin de vous. ❤

Le manteau Sally

Depuis un peu plus de 5 ans maintenant, j’ai écrit de nombreux articles par ici. Mais celui d’aujourd’hui revet une importance toute particulière : pour l’ouvrage évidemment, mais aussi sa symbolique. Un article qui va évoquer à la fois mon plus grand échec et ma plus grande réussite…oui oui, tout ceci dans un même article.

DSC_3228
Tout a démarré il y a un an : une pièce faisait cruellement défaut à ma garde-robe, et cette pièce était un manteau. Un beau manteau. Cela faisait 8 ans que je me baladais un manteau du prêt à porter, acheté enceinte de Tom. Hyper sympa du reste, mais qui commençait à vieillir. J’avais bien cousu Pavot, mais l’association drap de laine + doublure en coton n’offrait pas une régulation thermique des plus efficaces. Non, il me fallait un manteau chaud, et patronné par mes soins. Ce fut donc le gros projet des cours de modélisme de l’hiver dernier.

IMG_1876
Tout est parti de ce manteau, repéré sur le fil Instagram de The Quirky Peach. Coup de coeur absolu pour ses découpes flatteuses, les détails recherchés, l’allure générale. Je m’en suis donc inspirée pour réaliser mon croquis.

IMG_2861
A la toute base, je le voulais rose. J’étais persuadée que mon coupon d’un lainage rose acheté lors d’une vente Agnès B serait suffisant…mais mes pièces de patron, une fois finalisées, n’y rentraient pas. Une toile du manteau extérieur avait validé mon patronage, et je ne voulais pas le ratiboiser. J’ai alors entrepris de chercher un lainage rose ailleurs…sans succès. Ceux que je trouvais étaient souvent truffés de polyester, ce qui ne me convenait pas. Et c’est en passant par hasard chez Mr. Albert que je suis tombée sur un beau lainage camel.

IMG_3281
100% laine avec une touche de cachemire : le prix était cher, c’est vrai, mais je voulais que ce manteau soit le plus chaud et le plus qualitatif possible. Sur les conseils de ma prof, j’ai investi dans une soie beige, achetée aux Coupons Saint Pierre. Et c’est le pied endolori par mon entorse que j’en ai démarré l’assemblage, serrant les dents sur les détails techniques, faisant fi de tous les signes du Destin qui me signifiaient bien que j’allais droit dans le mur.

IMG_6209
De multiples erreurs se cachent dans ce manteau. Le choix du lainage déjà : je souhaitais tellement que mon manteau soit chaud, que j’ai choisi un lainage bien trop épais pour mon modèle, qui nécessite un lainage souple, pour que le tombé soit joli. Dans la précipitation, j’ai fait une erreur en patronnant ma doublure : résultat, l’ourlet tire et n’est pas harmonieux. Et surtout, surtout…ce camel, dont j’ai voulu me persuader qu’il m’offrirait un style parisien chic et indémodable…et qui sur moi me donne l’air malade. L’échec était à la hauteur de toute l’énergie, le temps et l’argent dépensés pour ce projet : incommensurables.

J’ai mis des mois à me relever de cet échec, qui me rappelait qui plus est une période tristoune de ma vie. J’ai rangé en boule ce manteau dans un sac, l’ai caché pendant des mois et à la rentrée, je me suis enfin sentie prête à le recommencer.

DSC_3306
Mais cette fois-ci, hors de question de recommencer les mêmes erreurs : j’ai soigneusement sélectionné plusieurs lainages, commandé des échantillons, et ramené tout ceci sagement à ma prof, qui a pu me conseiller sur le meilleur choix : et c’est ce lainage 100% laine vierge de chez Tissus Actifs qui fut élu. Sa composition, ainsi que son tissage, convenaient à mon patron. Je n’ai pas réfléchi plus de 10 secondes à la couleur : mon dernier manteau était rouge, Pavot est rouge, j’adore cette couleur qui me le rend bien…adjugé vendu, il sera flamboyant ou ne sera pas. Et comme souvent, quand quelque chose doit se faire, miraculeusement les planètes s’alignent : j’ai trouvé cette soie fleurie chez Bennytex, qui s’associe parfaitement à mon lainage. Il n’était plus question de reculer.

DSC_3284
Croyez-moi, j’étais terrorisée à l’idée de me planter de nouveau. Les pièces sont restés un moment sur mon bureau. Et puis, en publiant mon échec sur Instagram, la Jolie Girafe le commente avec ces quelques mots : « dis toi que c’est l’heure de la revanche ». Ils m’ont fait l’effet d’un électrochoc : mais bien sûr, n’aie pas peur, lance toi ! Affronte ce challenge avec la niaque, et il te le rendra bien.

DSC_3336
Je me rappelle, pour le précédent opus, je souhaitais tellement que mon ouvrage soit parfait, que l’assemblage fut long et laborieux. Je n’étais jamais satisfaite, cousant et décousant inlassablement la moindre étape. J’avais fini par faire porter à ce manteau une charge d’ondes négatives incroyable. Pour celui ci, j’ai voulu privilégier le plaisir de la couture à la perfection d’un détail. Tant pis si mes boutonnières passepoilées ne sont pas rigoureusement identiques : je ne voulais pas haïr ce manteau avant de l’avoir porté. Et Dieu que j’ai bien fait !

DSC_3352
Il est donc mi-long, a des découpes princesse, et comporte plusieurs panneaux, qui s’évasent légèrement aux hanches. Le fit est assez cintré sur le corsage, mais avec l’aisance suffisante pour porter des épaisseurs en dessous.

DSC_3304
J’étais persuadée que pour avoir un manteau chaud, il fallait opter pour un lainage EPAIS, tripler le truc avec de la ouatine…en gros coudre un truc énorme. Ma prof m’avait répondu qu’au contraire, la qualité thermique d’un ouvrage réside dans le choix des matières choisies. Un lainage 100% laine vierge sera un bon isolant. Le choix de la doublure est primordial aussi : la soie étant un excellent régulateur thermique, elle vous tiendra chaud en hiver. Et pour avoir testé mon manteau sur un séjour parisien la semaine dernière, je le confirme !

DSC_3309
Vous pouvez voir sur cette photo à quel point mon lainage est souple, et s’adapte à mon modèle : l’ampleur reste flatteuse et maîtrisée.

Et parce qu’il fallait bien caser des fleurs quelque part…

DSC_3363
Au delà de la beauté du motif, la soie est délicieuse à porter. Je ne sais pas si une association de tissu peut me ressembler davantage !

DSC_3374
J’ai opté pour un col officier, qui me tient bien chaud entre deux bourrasques de mistral…

DSC_3258
…ajouté des pattes aux ourlets de manche…

DSC_3380
…et cousu une ceinture pour cintrer le manteau.

DSC_3261
Concernant les boutonnières, j’ai opté pour des boutonnières passepoilées, en suivant le tuto de Deer and Doe.

DSC_3378
DSC_3375
Les boutons, ainsi que la boucle de ceinture, proviennent de la Droguerie : j’avais eu un coup de foudre en les choisissant pour mon premier opus, et Dieu merci, ils se sont totalement adaptés à mon lainage rouge.

DSC_3379
DSC_3382
Les poches sont paysannes (hop hop le super tuto vidéo de Clo !).

DSC_3381
DSC_3244
DSC_3262

DSC_3243
DSC_3311
Le col, les parementures, les valeurs d’ourlet, les passepoils et les rabats de poche sont entoilés. Le col ainsi que l’ourlet des manches et du manteau sont glacés (la doublure et l’extérieur du manteau sont maintenus par un point lâche, cousu à la main).

DSC_3325
Verdict : j’avais un souhait, c’était celui de découvrir l’exposition Dior vêtue de mon manteau. Jusqu’à la veille au soir, je n’étais vraiment pas certaine de réussir à le porter. Ni qu’il serait réussi d’ailleurs. Et c’est en pleine nuit, en coupant le dernier fil, à repassant une dernière fois l’ourlet, que ça y est, j’ai su que la revanche était prise. Que le contentieux était bouclé. Mon manteau était fini, il était beau, il était prêt, il me tombait comme je l’avais espéré. Quelle joie et quel soulagement ! Voyez : on peut se planter, mais alors VRAIMENT se planter en beauté, et se relever. La valeur d’une couturière ne se mesure-t-elle pas à son empressement à rallumer la machine après une défaite ?

DSC_3355
Je vous souhaite une belle fin de semaine, et prenez soin de vous. ❤

La besace Sakura

Changement de saison, nouveau sac ! Et il faut dire que je suis particulièrement fière de celui ci.

DSC_3177
Vous avez remarqué comme l’on voit éclore des sacs brodés de fleurs un peu partout ? En bonne floral addict que je suis, j’ai eu envie d’en avoir un moi aussi, et tout est parti de ce sac ci.

IMG_5916
(Crédit Photo : Amétys Cuir).

C’est un sac en cuir brodé, vendu par Amétys Cuir. Enorme coup de coeur pour cette besace, mais hélas, je n’avais pas le budget pour me l’offrir. Mais l’idée de m’en inspirer m’intéressait, j’ai donc relevé le défi.

DSC_3174
Mais comment broder du cuir sans brodeuse ? J’ai bien tenté de contacter un brodeur du coin, mais il ne possédait aucun motif qui collait à mon envie, et créer un motif spécialement pour moi allait faire exploser mon budget. Il n’était pas question de broder du cuir à la main (Ouch les doigts !). Et c’est en tombant sur un sac thermocollé avec un patch fleuri que l’idée s’imposa : et si tu faisais la même chose ?

DSC_3176
En fouillant un peu sur Etsy, je suis tombée sur la boutique Malicieuse, et sur ce patch de fleurs de cerisier. Je tenais le patch parfait ! J’ai du passer DES HEURES à réfléchir sur le positionnement du patch sur le rabat : en entier, réduit de moitié ? Sur tout le rabat ? Le faire partir d’en bas, d’en haut ? De gauche, de droite ? J’ai fait voter toute la famille, pris des tonnes de photos…pour au final me décider sur ce positionnement-ci : patch réduit, et qui partirait du coin droit.

DSC_3175
En achetant mon cuir noir chez Varjan (28 bd des Dames, 13002 Marseille), j’ai demandé à la vendeuse des conseils pour maintenir le patch sur le rabat. Selon elle, le coller ne serait pas suffisant, et ne tiendrait pas dans la durée. Le mieux était de le coudre. J’ai donc pris mon courage à deux mains, et entrepris de surpiquer tout le patch.

DSC_3191
Croyez-moi, ce fut long et éreintant. En coupant mon dernier fil, j’ai pensé à photographier l’envers du rabat : la photo est très parlante.

IMG_6212
En général, je  choisis toujours des doublures fleuris pour mes sacs. Pour celui ci, j’ai choisi la sobriété d’une popeline rouge : ce sont des chutes qui me restait du costume de Marquise de Juliette. Et j’ai aussi innové pour les finitions intérieures.

DSC_3194
En début d’année, une élève m’avait demandé comment réaliser un compartiment zippé dans un sac. Je m’étais retrouvée bien embêtée, ne sachant pas lui répondre. Cette besace était donc l’exercice parfait pour m’entraîner.

DSC_3195
Et en fait, c’est très facile ! Il suffit tout simplement de créer comme une trousse zippée, de scinder sa pièce de fond en 2 parties (en n’oubliant pas de rajouter des marges pour les assembler ensuite), et de glisser la « trousse » zippée entre les 2 pièces de fond. Ce tuto vous expliquera tout ceci bien mieux que moi. 😉

Pour le système de fermeture, j’ai choisi des aimants dorés…

DSC_3184
…et utilisé une anse noire que l’on m’avait donnée il y a des années.

DSC_3172

DSC_3183
Mais Heidi, ma Bernina 350, toute valeureuse qu’elle peut l’être sur les épaisseurs, a rendu les armes sur la toute dernière couture : la surpiqûre du haut du sac. Si elle réussissait à coudre le devant et le dos, elle bloquait désespérément sur les côtés : il faut dire que les pattes d’anse créaient une épaisseur très importante, et que ma doublure était thermocollé avec du Decovil Light. Impossible de les coudre à la main. Et c’est en demandant conseil à ma prof de modélisme qu’elle me suggéra une piste géniale : demander à un cordonnier de me les surpiquer !

DSC_3186
Et ça a marché ! J’ai demandé au cordonnier de mon quartier (l’Artisan Confiance, 30 Rue des Électriciens, 13012 Marseille) : il m’a repris la couture là où les points étaient manquants, et la reprise est indétectable ! Le tout pour 5€ et avec le sourire : honnêtement je suis vraiment ravie, et  dorénavant je ne m’embêterai plus à m’acharner sur Heidi. 😉 (Encore merci Chantal si tu me lis ! ❤)

Verdict : j’aime tous mes sacs, mais je vous avoue que celui ci tient une place particulière dans mon coeur. Je le trouve vraiment beau, et je suis super contente du rendu du patch sur le rabat. Les fleurs sont lumineuses, le cuir est magnifique, et le compartiment zippé hyper pratique. Je suis rarement pleinement satisfaite de mes ouvrages, mais c’est le cas pour celui ci. J’ai envie de crier à tout le monde dans la rue « OH VOUS AVEZ VU MON SAC ?! C’EST MOI QUI L’AI FAIIIIIIIIIIIT ! » 😀

DSC_3177
Un bon week-end à tous, prenez soin de vous ! ❤