La robe de Noël…

…ou plutôt, le plan B de Noël. Croyez-moi, cette robe revient de loin. Comme nombreuses de mes robes d’ailleurs !

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(Par avance, je m’excuse pour l’aspect froissé de ma robe. J’ai eu beau la repasser avant la prise de photos, elle n’a pas aimé le micro trajet en voiture. Et honnêtement, je n’avais aucune motivation à refaire la séance. Pas blogueuse mode / bla bla bla / vous avez saisi l’idée générale. 😀 )

BREF, je travaille depuis septembre en cours de modélisme sur une robe assez complexe. J’espérais vraiment la porter pour Noël mais force est de constater qu’elle n’allait pas être prête à temps. Nous étions donc 15 jours avant le réveillon, et il me fallait trouver un plan B : une robe dont le patron soit validé, et suffisamment rapide et facile à monter.

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J’ai donc choisi de partir de ma robe de base : corsage cintré avec ses découpes princesse, et ma jupe demi-cercle sur mesure. Mais évidemment, comme je ne sais pas faire les choses simplement, j’ai eu envie d’une encolure un peu différente. Et c’est en tombant sur cette publication Instagram de Gertie que l’idée fut !

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La robe rouge avec l’encolure creusée d’un V, vous la voyez ? Superbe, n’est-ce pas ? Emballé, c’était pesé…mais encore fallait-il faire une petite toile pour valider mon patronage.

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Par esprit pratique, j’ai volontairement réduit la largeur de l’encolure, afin de pouvoir porter un soutien gorge. La photo de gauche montre mon premier essai : l’encolure était trop profonde, le V trop large et pas assez pointu. En remontant l’encolure d’1cm, et en retravaillant un peu l’encoche, le résultat approchait davantage mon souhait. La toile validée, il me fallait maintenant trouver le tissu.

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Mon choix s’était d’abord posé sur ce jean fleuri de chez Papi : j’en avais commandé 2m50, et préparé le patron de la robe de Juliette en attendant sa réception. Vous verrez la robe en détail dans un article dédié, mais ce qui est important de savoir maintenant, c’est qu’elle possède une jupe cercle. Et vous le savez : une jupe cercle ça bouffe à mort sur un plan de coupe. Et en réceptionnant le tissu fleuri, nos robes se rentraient pas dans le métrage commandé. Qui plus est, le jean fleuri était bien trop extensible pour mon projet. Et le fond noir du tissu était plus gris foncé que noir. Bref, il fallait trouver un plan B.

Une journée à retourner mon stock dans tous les sens, en ne trouvant jamais aucun coupon suffisamment grand pour caler nos deux robes. Parce qu’évidemment, Mistinguette Juliette EXIGEAIT que nos robes soient coupées dans le même tissu. (et honnêtement, moi j’en profite, avant qu’elle soit en âge de me jeter mes cousettes au visage 😀 ). 2 jours dans toutes les boutiques de Marseille, car oui, à une semaine de Noel, il n’est plus temps de commander en ligne. Pour enfin trouver le satin de coton idéal chez l’Aigle d’Or, à Marseille.

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Etonnant d’ailleurs qu’en 8 ans de couture, ce soit la première fois que je pose le pied dans cette boutique, qui est tout de même une institution marseillaise. Et ma prof de modélisme qui m’en avait conseillé la visite avait raison (comme toujours) : c’est un vrai temple d’Ali Baba. Mais cher, le temple. J’ai payé ce satin de coton 17€ le mètre, ce qui en soi ne doit pas sembler exorbitant à la majorité d’entre vous. Mais quand on est habitué comme moi aux prix du marché de la Plaine, ça pique !

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Mais soyons honnêtes : ce satin de coton vaut ce prix. Il est d’une très belle qualité, et sa teinte est vraiment lumineuse.

Le tissu enfin sous le bras, j’ai pu démarrer l’assemblage de nos deux robes : comme elles étaient construites de manière similaire, je les ai montées simultanément.

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Vous voyez ici l’envers de la robe. J’ai doublé le corsage avec un mélange coton/soie que j’ai trouvé chez Bennytex. N’ayant pas le temps ni l’envie d’acheter du fil bleu roi pour surfiler mes coutures, je me suis dit que ce serait l’occasion idéale de tester les coutures rabattues.

(Aparté : conseil de Tata Papillon. Quand tu es à 3 jours de Noel, tu ne testes pas une nouvelle technique de finition. Non. Tu prends tes cônes de surjeteuse bleus, qui ne sont peut être de l’EXACTE teinte de ton bleu, et tu vas au plus simple. Ca t’évitera de vivre un 24 décembre entre crises de panique et hurlements incontrôlés, à couper le dernier fil de ta robe à 18h05. ALORS QUE TU ES ATTENDUE POUR 18H45.)


BREF, je n’avais jamais cousu de coutures rabattues, et c’est à la fois simple et très propre. Un petit peu comme des coutures anglaises, sauf que celles ci sont rabattues et surpiquées sur le tissu. Elles ne furent tout de même pas simples à coudre au niveau des manches.

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Surtout sur les manches riquiqui de Juliette. L’astuce est de les surpiquer en deux fois : Une première fois depuis le haut de la manche, on s’arrête à environ 2/3 de la manche, et on termine de surpiquer le reste depuis le bas de la manche.

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Mais là où se fut le plus ardu, ce fut sur la couture dos de la jupe : comment terminer proprement ces marges, alors qu’elles seront doublées sur le corsage, et qu’il y aura une fermeture éclair sur une partie de la jupe ? Si la robe avait été entièrement doublée, le souci ne se serait pas posé. Mais ici seul le corsage l’était. Au final j’ai réussi à rabattre et surpiquer les marges, mais croyez-moi, ce ne fut pas simple. Et en étant honnête sur mon travail, les surpiqûres ne sont pas régulières partout.

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Et c’est là que j’ai oublié l’essentiel : des finitions propres à l’intérieur d’un ouvrage, c’est bien. Mais quand l’intérieur devient plus propre que l’extérieur, c’est qu’il y a un problème ! 😀

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Mais là encore, ce fut une bonne leçon : le mieux est l’ennemi du bien, définitivement. Et comme me le dit souvent ma prof de modélisme : il ne faut pas confondre perfectionnisme et maniaquerie. (Coucou la bonne résolution de 2018 !)

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Que vous dire de plus sur cette robe ? Les manches sont donc 3/4, et le dos est terminé par une fermeture invisible.

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Pour assurer la stabilité de l’encoche en V, j’ai renforcé ma doublure milieu devant avec du thermocollant tissé, et j’ai stabilisé l’encolure de mon corsage extérieur avec du droit fil thermocollant.

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Et j’ai aussi redescendu un peu le milieu de ma taille, pour qu’elle soit plus douce et qu’elle suive mieux mes courbes.

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Verdict : mine de rien, j’ai appris un sacré paquet de trucs avec cette robe. J’ai découvert une nouvelle boutique, une nouvelle encolure, une nouvelle finition…et une nouvelle devise. Le tout en gagnant une nouvelle robe dans laquelle je me sens bien, et qui colle à mon style : c’est tout de même un beau cadeau n’est-ce pas ? J’avais envie d’un pendant automne-hiver de cette robe ci, que j’ai beaucoup porté au printemps et en été, et je crois que c’est réussi. 🙂

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Je profite de ce billet pour vous souhaiter une belle année 2018. Qu’elle vous soit créative, et surtout, pleine d’amour, de fous rire, de souvenirs heureux. Chaque année un mot m’accompagne et illustre la tonalité que je souhaite donner à ces 12 prochains mois : « indulgence » sera celui de 2018. Parce qu’avant d’être bienveillant envers les autres, il faut savoir l’être aussi envers soi même. Et que s’offrir une bonne dose d’indulgence, ça aide : se pardonner ses erreurs, accepter de ne pas être toujours performante, embrasser ses défauts et ses failles, et accepter qu’ils font partie de nous. Coudre à mon rythme, publier à mon rythme. Coudre avec plaisir, ce qu’il me fait envie, sans savoir envie/besoin de démontrer quoi que ce soit.

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Et n’oubliez pas de prendre soin de vous. ❤

Le manteau Sally

Depuis un peu plus de 5 ans maintenant, j’ai écrit de nombreux articles par ici. Mais celui d’aujourd’hui revet une importance toute particulière : pour l’ouvrage évidemment, mais aussi sa symbolique. Un article qui va évoquer à la fois mon plus grand échec et ma plus grande réussite…oui oui, tout ceci dans un même article.

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Tout a démarré il y a un an : une pièce faisait cruellement défaut à ma garde-robe, et cette pièce était un manteau. Un beau manteau. Cela faisait 8 ans que je me baladais un manteau du prêt à porter, acheté enceinte de Tom. Hyper sympa du reste, mais qui commençait à vieillir. J’avais bien cousu Pavot, mais l’association drap de laine + doublure en coton n’offrait pas une régulation thermique des plus efficaces. Non, il me fallait un manteau chaud, et patronné par mes soins. Ce fut donc le gros projet des cours de modélisme de l’hiver dernier.

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Tout est parti de ce manteau, repéré sur le fil Instagram de The Quirky Peach. Coup de coeur absolu pour ses découpes flatteuses, les détails recherchés, l’allure générale. Je m’en suis donc inspirée pour réaliser mon croquis.

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A la toute base, je le voulais rose. J’étais persuadée que mon coupon d’un lainage rose acheté lors d’une vente Agnès B serait suffisant…mais mes pièces de patron, une fois finalisées, n’y rentraient pas. Une toile du manteau extérieur avait validé mon patronage, et je ne voulais pas le ratiboiser. J’ai alors entrepris de chercher un lainage rose ailleurs…sans succès. Ceux que je trouvais étaient souvent truffés de polyester, ce qui ne me convenait pas. Et c’est en passant par hasard chez Mr. Albert que je suis tombée sur un beau lainage camel.

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100% laine avec une touche de cachemire : le prix était cher, c’est vrai, mais je voulais que ce manteau soit le plus chaud et le plus qualitatif possible. Sur les conseils de ma prof, j’ai investi dans une soie beige, achetée aux Coupons Saint Pierre. Et c’est le pied endolori par mon entorse que j’en ai démarré l’assemblage, serrant les dents sur les détails techniques, faisant fi de tous les signes du Destin qui me signifiaient bien que j’allais droit dans le mur.

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De multiples erreurs se cachent dans ce manteau. Le choix du lainage déjà : je souhaitais tellement que mon manteau soit chaud, que j’ai choisi un lainage bien trop épais pour mon modèle, qui nécessite un lainage souple, pour que le tombé soit joli. Dans la précipitation, j’ai fait une erreur en patronnant ma doublure : résultat, l’ourlet tire et n’est pas harmonieux. Et surtout, surtout…ce camel, dont j’ai voulu me persuader qu’il m’offrirait un style parisien chic et indémodable…et qui sur moi me donne l’air malade. L’échec était à la hauteur de toute l’énergie, le temps et l’argent dépensés pour ce projet : incommensurables.

J’ai mis des mois à me relever de cet échec, qui me rappelait qui plus est une période tristoune de ma vie. J’ai rangé en boule ce manteau dans un sac, l’ai caché pendant des mois et à la rentrée, je me suis enfin sentie prête à le recommencer.

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Mais cette fois-ci, hors de question de recommencer les mêmes erreurs : j’ai soigneusement sélectionné plusieurs lainages, commandé des échantillons, et ramené tout ceci sagement à ma prof, qui a pu me conseiller sur le meilleur choix : et c’est ce lainage 100% laine vierge de chez Tissus Actifs qui fut élu. Sa composition, ainsi que son tissage, convenaient à mon patron. Je n’ai pas réfléchi plus de 10 secondes à la couleur : mon dernier manteau était rouge, Pavot est rouge, j’adore cette couleur qui me le rend bien…adjugé vendu, il sera flamboyant ou ne sera pas. Et comme souvent, quand quelque chose doit se faire, miraculeusement les planètes s’alignent : j’ai trouvé cette soie fleurie chez Bennytex, qui s’associe parfaitement à mon lainage. Il n’était plus question de reculer.

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Croyez-moi, j’étais terrorisée à l’idée de me planter de nouveau. Les pièces sont restés un moment sur mon bureau. Et puis, en publiant mon échec sur Instagram, la Jolie Girafe le commente avec ces quelques mots : « dis toi que c’est l’heure de la revanche ». Ils m’ont fait l’effet d’un électrochoc : mais bien sûr, n’aie pas peur, lance toi ! Affronte ce challenge avec la niaque, et il te le rendra bien.

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Je me rappelle, pour le précédent opus, je souhaitais tellement que mon ouvrage soit parfait, que l’assemblage fut long et laborieux. Je n’étais jamais satisfaite, cousant et décousant inlassablement la moindre étape. J’avais fini par faire porter à ce manteau une charge d’ondes négatives incroyable. Pour celui ci, j’ai voulu privilégier le plaisir de la couture à la perfection d’un détail. Tant pis si mes boutonnières passepoilées ne sont pas rigoureusement identiques : je ne voulais pas haïr ce manteau avant de l’avoir porté. Et Dieu que j’ai bien fait !

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Il est donc mi-long, a des découpes princesse, et comporte plusieurs panneaux, qui s’évasent légèrement aux hanches. Le fit est assez cintré sur le corsage, mais avec l’aisance suffisante pour porter des épaisseurs en dessous.

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J’étais persuadée que pour avoir un manteau chaud, il fallait opter pour un lainage EPAIS, tripler le truc avec de la ouatine…en gros coudre un truc énorme. Ma prof m’avait répondu qu’au contraire, la qualité thermique d’un ouvrage réside dans le choix des matières choisies. Un lainage 100% laine vierge sera un bon isolant. Le choix de la doublure est primordial aussi : la soie étant un excellent régulateur thermique, elle vous tiendra chaud en hiver. Et pour avoir testé mon manteau sur un séjour parisien la semaine dernière, je le confirme !

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Vous pouvez voir sur cette photo à quel point mon lainage est souple, et s’adapte à mon modèle : l’ampleur reste flatteuse et maîtrisée.

Et parce qu’il fallait bien caser des fleurs quelque part…

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Au delà de la beauté du motif, la soie est délicieuse à porter. Je ne sais pas si une association de tissu peut me ressembler davantage !

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J’ai opté pour un col officier, qui me tient bien chaud entre deux bourrasques de mistral…

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…ajouté des pattes aux ourlets de manche…

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…et cousu une ceinture pour cintrer le manteau.

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Concernant les boutonnières, j’ai opté pour des boutonnières passepoilées, en suivant le tuto de Deer and Doe.

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Les boutons, ainsi que la boucle de ceinture, proviennent de la Droguerie : j’avais eu un coup de foudre en les choisissant pour mon premier opus, et Dieu merci, ils se sont totalement adaptés à mon lainage rouge.

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Les poches sont paysannes (hop hop le super tuto vidéo de Clo !).

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Le col, les parementures, les valeurs d’ourlet, les passepoils et les rabats de poche sont entoilés. Le col ainsi que l’ourlet des manches et du manteau sont glacés (la doublure et l’extérieur du manteau sont maintenus par un point lâche, cousu à la main).

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Verdict : j’avais un souhait, c’était celui de découvrir l’exposition Dior vêtue de mon manteau. Jusqu’à la veille au soir, je n’étais vraiment pas certaine de réussir à le porter. Ni qu’il serait réussi d’ailleurs. Et c’est en pleine nuit, en coupant le dernier fil, à repassant une dernière fois l’ourlet, que ça y est, j’ai su que la revanche était prise. Que le contentieux était bouclé. Mon manteau était fini, il était beau, il était prêt, il me tombait comme je l’avais espéré. Quelle joie et quel soulagement ! Voyez : on peut se planter, mais alors VRAIMENT se planter en beauté, et se relever. La valeur d’une couturière ne se mesure-t-elle pas à son empressement à rallumer la machine après une défaite ?

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Je vous souhaite une belle fin de semaine, et prenez soin de vous. ❤

La besace Sakura

Changement de saison, nouveau sac ! Et il faut dire que je suis particulièrement fière de celui ci.

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Vous avez remarqué comme l’on voit éclore des sacs brodés de fleurs un peu partout ? En bonne floral addict que je suis, j’ai eu envie d’en avoir un moi aussi, et tout est parti de ce sac ci.

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(Crédit Photo : Amétys Cuir).

C’est un sac en cuir brodé, vendu par Amétys Cuir. Enorme coup de coeur pour cette besace, mais hélas, je n’avais pas le budget pour me l’offrir. Mais l’idée de m’en inspirer m’intéressait, j’ai donc relevé le défi.

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Mais comment broder du cuir sans brodeuse ? J’ai bien tenté de contacter un brodeur du coin, mais il ne possédait aucun motif qui collait à mon envie, et créer un motif spécialement pour moi allait faire exploser mon budget. Il n’était pas question de broder du cuir à la main (Ouch les doigts !). Et c’est en tombant sur un sac thermocollé avec un patch fleuri que l’idée s’imposa : et si tu faisais la même chose ?

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En fouillant un peu sur Etsy, je suis tombée sur la boutique Malicieuse, et sur ce patch de fleurs de cerisier. Je tenais le patch parfait ! J’ai du passer DES HEURES à réfléchir sur le positionnement du patch sur le rabat : en entier, réduit de moitié ? Sur tout le rabat ? Le faire partir d’en bas, d’en haut ? De gauche, de droite ? J’ai fait voter toute la famille, pris des tonnes de photos…pour au final me décider sur ce positionnement-ci : patch réduit, et qui partirait du coin droit.

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En achetant mon cuir noir chez Varjan (28 bd des Dames, 13002 Marseille), j’ai demandé à la vendeuse des conseils pour maintenir le patch sur le rabat. Selon elle, le coller ne serait pas suffisant, et ne tiendrait pas dans la durée. Le mieux était de le coudre. J’ai donc pris mon courage à deux mains, et entrepris de surpiquer tout le patch.

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Croyez-moi, ce fut long et éreintant. En coupant mon dernier fil, j’ai pensé à photographier l’envers du rabat : la photo est très parlante.

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En général, je  choisis toujours des doublures fleuris pour mes sacs. Pour celui ci, j’ai choisi la sobriété d’une popeline rouge : ce sont des chutes qui me restait du costume de Marquise de Juliette. Et j’ai aussi innové pour les finitions intérieures.

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En début d’année, une élève m’avait demandé comment réaliser un compartiment zippé dans un sac. Je m’étais retrouvée bien embêtée, ne sachant pas lui répondre. Cette besace était donc l’exercice parfait pour m’entraîner.

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Et en fait, c’est très facile ! Il suffit tout simplement de créer comme une trousse zippée, de scinder sa pièce de fond en 2 parties (en n’oubliant pas de rajouter des marges pour les assembler ensuite), et de glisser la « trousse » zippée entre les 2 pièces de fond. Ce tuto vous expliquera tout ceci bien mieux que moi. 😉

Pour le système de fermeture, j’ai choisi des aimants dorés…

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…et utilisé une anse noire que l’on m’avait donnée il y a des années.

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Mais Heidi, ma Bernina 350, toute valeureuse qu’elle peut l’être sur les épaisseurs, a rendu les armes sur la toute dernière couture : la surpiqûre du haut du sac. Si elle réussissait à coudre le devant et le dos, elle bloquait désespérément sur les côtés : il faut dire que les pattes d’anse créaient une épaisseur très importante, et que ma doublure était thermocollé avec du Decovil Light. Impossible de les coudre à la main. Et c’est en demandant conseil à ma prof de modélisme qu’elle me suggéra une piste géniale : demander à un cordonnier de me les surpiquer !

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Et ça a marché ! J’ai demandé au cordonnier de mon quartier (l’Artisan Confiance, 30 Rue des Électriciens, 13012 Marseille) : il m’a repris la couture là où les points étaient manquants, et la reprise est indétectable ! Le tout pour 5€ et avec le sourire : honnêtement je suis vraiment ravie, et  dorénavant je ne m’embêterai plus à m’acharner sur Heidi. 😉 (Encore merci Chantal si tu me lis ! ❤)

Verdict : j’aime tous mes sacs, mais je vous avoue que celui ci tient une place particulière dans mon coeur. Je le trouve vraiment beau, et je suis super contente du rendu du patch sur le rabat. Les fleurs sont lumineuses, le cuir est magnifique, et le compartiment zippé hyper pratique. Je suis rarement pleinement satisfaite de mes ouvrages, mais c’est le cas pour celui ci. J’ai envie de crier à tout le monde dans la rue « OH VOUS AVEZ VU MON SAC ?! C’EST MOI QUI L’AI FAIIIIIIIIIIIT ! » 😀

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Un bon week-end à tous, prenez soin de vous ! ❤

Duo de sorcières

Nous adorons fêter Halloween : nous décorons la maison, préparons un grand buffet, nous nous déguisons et à la nuit tombée, nous partons à la chasse aux bonbons. C’est un rituel auquel je ne déroge jamais, et les enfants attendent cette fête avec impatience. Et cette année…Juliette et moi avions un déguisement bien particulier. 😉

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Je ne sais plus comment l’idée a germé, mais un jour, d’un coup d’un seul, l’envie subite : et si l’on se déguisait Juliette et moi, en sorcières ? Je soumets l’idée à la puce, qui est évidemment partante. Il me suffisait maintenant de coucher l’idée sur le papier.

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J’avais envie d’un déguisement un peu glamour, féminin : plus dans l’esprit d’une Morticia Adams, que des 3 soeurs d’Hocus Pocus. Surtout, je voulais que l’on puisse réutiliser nos robes. Et quel patron est le plus adapté pour une robe facilement customisable, confortable et rapide à coudre ?

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MONETAAAAAAAAAAAAAA !!!

Vous me connaissez, je voue un culte à ce patron, et depuis la trouvaille du jersey parfait pour le coudre, jersey proposé dans une multitude de couleurs, l’envie est grande de ne coudre que ce modèle, dans toutes les teintes possibles. 😀 J’en ai donc commandé 2m en noir, et j’ai profité de cet ouvrage pour reprendre mon patron initial.

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Et oui, il faut dire que j’utilise ces morceaux de patrons depuis 3 ans maintenant, et qu’à force, ces pièces cornées, issues d’un PDF scotché de manière peu précise, n’avaient plus fière allure. Ayant trouvé un imprimeur super sympa (COREP, 40 Avenue Escadrille Normandie Niemen, 13013 Marseille)(rien de sponso hein, je les mentionne parce qu’ils sont vraiment gentils et le rapport qualité prix est top), j’en ai profité pour imprimer mon patron en format A0, ce qui donne une feuille immense, où toutes les tailles sont tracées (Moneta va jusqu’au 3XL). Et prendre le temps de retracer mes morceaux m’a permis de réaliser…que je ne cousais pas correctement Moneta depuis des années.

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En fait, il y a 3 ans, quand j’avais voulu réduire la longueur de ma jupe, j’avais simplement recoupé mon ourlet de 5cms. GROSSE ERREUR ! En fait, sur le patron, un trait est tracé pour justement réduire ou rallonger la jupe, en gardant l’évasement pensé par le créateur/la créatrice. En raccourcissant simplement sur l’ourlet, ma jupe était moins dansante que prévu.

Untitled Vous voyez la différence ? C’est mille fois plus joli (à mes yeux) sur la gauche : la jupe est plus évasée, plus flatteuse. En fait, c’est quand tu penses ne pas pouvoir aimer un patron davantage que Moneta t’envoie une nouvelle flèche d’amour. 😀


Comme d’habitude je l’ai coupé en S, j’ai raccourci (correctement ! 😀 ) le corsage d’1cm, et j’ai opté pour les manches 3/4, qui au final, sont plutôt des manches au coude, mais cela me convient tout à fait comme ça.

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Seul petit bémol : si je compare avec les manches de Wanted, je les trouve un petit peu trop grandes. M’enfin, ça n’est qu’un détail.

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Comme d’habitude là aussi, j’ai terminé l’encolure par une bande de jersey, surpiquée à l’aiguille double. J’ai bien envie pour la prochaine de retenter l’ourlet simple préconisé par Colette, ce qui donnera peut être un côté moins sportwear à la robe.

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On passe à la robe de la puce ?

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Vous avez remarqué comme il est difficile de trouver des patrons ajustés pour enfants ? Très souvent, ils sont assez amples, et moi qui cherchais une robe similaire à Moneta, mais version enfant, ce ne fut pas une mince affaire. Au final, j’ai trouvé quelque chose s’y rapprochant chez Peek a Boo patterns : la Gloria Party Dress.

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Je suis partie sur la version la plus épurée possible, en 7 ans. Le patron préconise de froncer la jupe de manière traditionnelle : avec 2 fils de bâti. Mais personnellement, j’aime froncer mes jupes en jersey avec de l’élastique : je trouve cela plus pratique et plus régulier. Hélas, la jupe était si large que l’élastique ne s’étirait pas assez : j’ai donc du ratiboiser les côtés.

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Vous le voyez sur cette photo : la taille est bien trop large pour ma puce.Pour avoir un résultat plus harmonieux comme sur ma Moneta, il aurait sans doute été préférable de :

  • cintrer la taille en descendant de 2 ou 3 tailles à ce niveau
  • et surtout retracer une jupe : celle ci est un simple rectangle. Une forme de jupe avec des côtés évasés donnerait quelque chose de bien plus réussi.

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Les manches sont 3/4, et l’encolure est terminée avec une bande de jersey, surpiquée à l’aiguille double.

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Notez que la puce se contrefiche de tout ce que je viens d’écrire là dessus : pour elle, c’est une robe, elle se sent bien dedans et c’est tout ce qui compte !

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On termine avec nos jupons de tulle ?

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Notez que là on est sur de la bidouille totale : nous avons croisé ce tulle pailleté aux Tissus des Ursules, sommes reparties avec 2m50 sous le bras…et recouverts ABSOLUMENT TOUTE LA MAISON AVEC DES PAILLETTES PENDANT 15 JOURS. 😀 (Pensée émue au cher et tendre QUI N’EN POUVAIT PLUS. 😀 )

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J’ai tout simplement coupé 3 morceaux de tulle d’une largeur du double de notre taille, sur une hauteur de jupe lambda. (50cms pour moi, 35 pour Juliette). J’ai fermé les 3 morceaux par une couture simple, en laissant ouvert une dizaine de cms sur le haut de la jupe, pour pouvoir l’enfiler. J’ai simplement replié et surpiqué l’ouverture pour que ce soit plus propre.

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Puis j’ai froncé les 3 rectangles ensemble, et terminé le haut de la jupe par une ceinture en satin. Les jupes se ferment grâce à une pression KAM.

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En étant totalement honnête avec vous, ces jupons sont sans doute les trucs les moins flatteurs que j’ai pu coudre. 😀 Le tulle est bien trop raide : les fronces ne sont donc pas du tout flatteuses, et alourdissent la silhouette. M’enfin, comme vous pouvez le voir, nous n’en avons cure ! 😀

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Verdict : en déguisement d’un soir, les jupons ont totalement fait le job, et nous avons vraiment été heureuses d’être assorties en ce jour si particulier pour nous. Juliette apprécie beaucoup sa robe, et réfléchit à un motif de flex pour venir l’égayer un peu. Et personnellement, alors que je pensais haïr le noir, et bien je ne quitte plus la mienne ces derniers jours ! Un peu de rouge à lèvres, de beaux bijoux, des beaux collants en dentelle, et vous avez une tenue vraiment élégante et féminine. Oui, à 36 ans, on peut encore découvrir toute les possibilités d’une petite robe noire. (Mieux vaut tard que jamais hein ! 😀 )

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Je vous souhaite une belle fin de semaine, et prenez soin de vous !

La robe Clémence

Dessiner ses propres patrons est une pratique gratifiante, mais cela comporte un inconvénient majeur : quand ça foire, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même. Quand il est facile de maudire un(e) créateur(trice) pour un embu impossible à résorber, deux pièces qui ne correspondent pas ou des explications nébuleuses…quand on se trompe sur son propre patronage, et bien on se maudit soi-même. Et c’est encore pire quand on ne comprend pas son erreur !

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Tout est parti de ce coupon, déniché chez Agnès B il y a deux ans. L’époque où je croyais pouvoir couper une robe demi saison dans un coupon d’1m50. Et que les carreaux ne criaient pas « RACCORDS ! » dans mon petit cerveau.

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J’y avais tout de suite vu une robe chemise, sans doute inspirée par cette jolie robe. Deux automnes que j’attendais de valider mon corsage avec pinces pour me lancer…mais avant, il fallait déterminer la composition de ce coupon.

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C’est un peu le souci des ventes Agnès B : vous n’avez pas la moindre idée ce que vous achetez. Les rouleaux sont posés, vous vous servez, et vous allez payer votre dû à la caisse. En déroulant mon tissu je suis tombée sur cette étiquette, qui indiquait une composition 100% soie. Pourtant son aspect était assez raide, bien que fin. Je pensais qu’une soie était forcément glissante, et en potassant j’ai appris qu’une soie peut être tissée de différentes manières, et donc, se présenter sous différents aspects. J’ai alors suivi les conseils de ma prof, même si cela m’a toujours fait peur, vu ma maladresse légendaire : brûler un bout de tissu pour déterminer sa composition.

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(Une fois enfant, j’ai failli cramer la chambre de ma petite soeur en voulant brûler les bords d’une feuille pour en faire un parchemin. ^^)(True story.)

BREF, (ET EN PRENANT TOUTES MES PRECAUTIONS 😀 ), j’ai brûlé un morceau de mon tissu, et m’aidant du super bouquin de Christelle, j’ai remarqué que les cendres formaient comme des bouts de charbon…exactement ce qu’est censée devenir la soie brulée ! Le mystère était donc résolu.

(Et je vous raconte pas la pression, genre, je vais COUDRE DE LA SOIE BORDEL !

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Pour se faire, j’ai repris le patron de la robe Amal. Comme sur la robe Sandrine, j’ai rabaissé le milieu devant de 2cms. J’ai dessiné des manches courtes. J’ai gardé les plis couchés de la jupe. Et je me suis armée de courage pour redessiner tout le col.

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Vous connaissez ma passion des cols chemise : je les aime en deux parties, avec pied de col et tombant. J’ai suivi la méthode préconisé dans un bouquin Esmod, et une toile a validé mon patronage.

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(Croyez-le, sur le moment j’étais pas peu fière !)(J’aurais du en profiter, ça n’allait pas durer. 😀 )

Je coupe alors mon tissu, monte mon corsage, puis ma jupe, et au moment d’assembler la taille, je découvre que les 2 milieux devant de mon corsage sont plus longs d’1cm, au niveau du repli pour le boutonnage. Pas grave, me dis-je, j’ai du manquer de précision au moment de la découpe de mon tissu. Je recoupe donc ces 2cms, termine l’assemblage de ma jupe, procède aux finitions de la robe, et au moment de l’essayage final…patatras, je me sens vraiment engoncée au niveau de la poitrine.

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Vous le voyez sur cette photo, au tissu qui s’étire entre les deux boutons. Ces 2cms, recoupés plus haut parce qu’imaginés en trop, étaient au contraire ultra nécessaires à l’aisance de la robe !

J’ai dû passer des heures sur mon patronage, à le retourner dans tous les sens pour comprendre mon erreur, mais je suis pour l’instant toujours incapable de la pointer. Si vous saviez comme je m’en suis voulue !

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Au bout du rouleau, j’ai appelé ma prof de modélisme, et tout adorable qu’elle est (une perle je vous dis, une perle !), elle a pris le temps de me donner des pistes pour palier au souci d’aisance :

  • ne pas toucher aux pinces : cela ne changerait rien au problème.
  • soit recréer une patte de boutonnage, en y incorporant les 2cms perdus
  • soit créer un pli creux dans le dos, en rajoutant du tissu
  • soit reprendre les coutures côtés, en réduisant mon couturage, qui est d’1,5cm.

Hélas, je n’avais plus de tissu pour refaire quoi que ce soit. Et toute ma robe étant montée en couture anglaise, je n’avais pas le courage de défaire toutes mes emmanchures pour réduire mes coutures côtés.

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(Oui, c’est l’envers de la robe. Dites moi que vous compatissez. ^^ )

Au final, j’ai bien tentée de grappiller quelques millimètres sur les coutures côtés, en réduisant ma seconde couture anglaise, mais cela n’a rien changé à mon problème d’aisance : les boutons tiraient toujours sur le devant de ma robe, et j’avais comme un excès de tissu sous les emmanchures. C’était hyper moche. J’ai donc tout repris à l’original.

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J’arrivais bien à la fermer, mais cet étirement entre le 4ème et le 5ème bouton m’énervait. Et c’est Emilie qui va me donner une astuce : rajouter une pression à coudre entre les 2 boutons pour que cela ne s’ouvre plus !

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Et ça marche ! Alors, certes, je ne gagne pas en confort, mais visuellement, on a moins l’impression que mes boutons vont exploser à la moindre respiration.

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Ce cliché de profil montre à quel point ma poitrine est engoncée dans le corsage. Notez que je l’ai porté ce week-end avec un autre soutien gorge, et j’ai gagné un tout petit peu en confort. (et oui, je profite de ce billet pour devancer tous les commentaires de ce type : JE NE SUIS PAS ENCEINTE SANS LE SAVOIR. 😀 )(Je vous vois venir hein, mais l’épidémie de bébés sur la blogo ne passera pas par moi, j’ai assez donné. 😀 )

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Notez qu’avec toutes ces péripéties, la notion même de raccords ne m’a pas spécialement effleuré l’esprit. 😀 N’ayant qu’1m50 de tissu, j’ai du choisir entre les raccords côtés ou les raccord au niveau de la taille. J’ai bien tenté de réussir au mieux mes raccords côtés, mais comme vous le pouvez sur  cette photo, ça n’a pas fonctionné partout.

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Et comment vous dire…


Voilà. 😀

Les boutons proviennent de chez Mercerie Extra

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…le col est donc un col chemise…

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…et voici ce qu’il donne fermé.

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(Quand j’essaye d’impressionner mes élèves.)(En vrai ça ne marche pas du tout. 😀 )

Verdict : écoutez, si au premier essayage j’étais totalement catastrophée, pour l’avoir porté ce week-end, mon avis est nuancé. Certes, ce n’est pas la robe la plus confortable de mon dressing, mais elle est totalement portable, et avec ce gilet, l’ensemble est adorable !

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Et pour jouer avec les feuilles mortes elle est juste parfaite !

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(Et promis, dès que je comprends l’erreur, je ferai un edit à ce billet !)(Et pourquoi Clémence ? Parce que j’ai cousu cette robe alors qu’une amie chère s’apprêtait à donner la vie à nouveau, que cette amie s’appelle Clémence, qu’elle adore les carreaux et que j’ai découvert les ventes Agnès B en sa compagnie : la robe Clémence, donc. ❤)

EDIT : j’ai écrit cet article sur plusieurs jours, et ça y est, j’ai compris ! L’erreur venait bien de mon patronage : en rabaissant la ligne milieu, je n’ai pas vérifié que le haut de la jupe se calerait parfaitement au bas du corsage, et il manquait 1cm sur le milieu de la jupe devant ! AH, croyez moi, j’étais torturée par ce truc depuis des jours et je me sens enfin libérée ! Pas forcément plus à l’aise dans la robe mais au moins, je vérifierai mieux mes couturages à l’avenir. « Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends », pas vrai ? 😉

Belle semaine les filles, et prenez soin de vous. ❤